Souterrains de Bourges - Roland Narboux

 LES SOUTERRAINS DE BOURGES  

Roland NARBOUX

RETOUR SOUTERRAINS

 

Les études relatives à la ville de Bourges sont peu nombreuses, et en ce début de troisième millénaire, il peut paraître étrange que les "auteurs" locaux soient aussi peu curieux sur les différentes facettes de leur ville. Le peu d'ouvrages disponibles sur le chef d'œuvre qu'est la Cathédrale Saint-Etienne ne cesse d'interpeller beaucoup de Berruyers et de visiteurs.

 

Des sujets comme le monde souterrain de la ville de Bourges peuvent permettre de donner à chacun le désir d'en savoir plus sur cette ville magnifique. Et puis, le monde souterrain est fascinant. Il suffit de voir la forte demande pour les conférences qui traitent ce thème, pour les visites du Bourges souterrain comme les caves du Palais Jacques Cœur. Bourges est une ville qui possède des souterrains, mais quelle est la part de la légende, du fantasme et la réalité ?

Lorsque l'on découvre que Bourges est "truffée" de caves, de carrières et de souterrains, ce n'est pas une légende, mais une réalité, on reprend conscience de la qualité de cette ville moyenne, beaucoup plus mystérieuse que ne le croient les habitants.

 


Les recherches historiques à Bourges

 

Le sujet a été peu ou pas traité. Le plus vieux document historique connu, hormis les phrases de César, est celui de Cathérinot, intitulé "Bourges souterrain", il date du XVII ème siècle.

Au siècle dernier, deux personnalités locales de grande valeur ont abordé le sujet : Jules Dumoutet et Paul Adrien Bourdaloue. Ce dernier qui fut le premier homme à tracer des lignes géodésiques a beaucoup travaillé sur la fontaine monumentale. Autre érudit local, Buhot de Kersers qui a tant parlé de tout, n'évoque qu'en quelques lignes l'existence de souterrains dans le centre-ville. Au cours de ces dernières décennies, les spécialistes se sont davantage tournés vers la recherche du monde gallo-romain que l'on a peu à peu découvert.

Récemment, Jacques Lamy puis Philippe Goldman ont écrit des articles sur les souterrains de la vieille ville. De son côté, Jacques Lelièvre, pendant une dizaine d'années "a fait découvrir à Amis et Public une dizaine de caves ou sous-sols", et puis, lui aussi a abandonné.

Cela fait peu pour un sujet passionnant, mystérieux et qui, en plus laisse une part au rêve. Aujourd'hui, il n'y a pas d'étude globale des souterrains de Bourges ou du Cher.

 

La légende des souterrains

 

Les souterrains depuis toujours font l'objet de légendes et de fantasmes. C'est le cas des souterrains qui vont de Bourges à Sancerre ou de Mehun-Sur-Yèvres à Bois-sir-Amé. Ils sont peut être réels, mais on en a jamais trouvé de traces. L'origine de ce qui est sans doute une belle légende vient aussi de la présence dans de nombreuses campagnes berrichonnes de galeries qui ne sont rien de moins que les aqueducs gallo-romains, lesquels passaient parfois sous terre. Mais la livraison des vins de Sancerre directement au Palais Jacques Coeur de Bourges tient du mythe.

La cave ou le souterrain, c'est un lieu de refuge, un entrepôt à provisions, ou une cache des trésors. Les plus imaginatifs envisagent des salles de réunions secrètes, peut-être même des laboratoires pour les alchimistes. Enfin, ce sont sans doute, dans de nombreux cas des issues dérobées. La question généralement posée "à quoi servaient-ils" est courante. Sans dévoiler les conclusions d'un prochain ouvrage sur le sujet, qui répond à cette question, on peut affirmer qu'au cours de deux millénaires, la destination de ces ouvrages a été variable. Ce furent des lieux d'extraction de pierres à certains moments, ou des refuges contre les bombardements aériens plus récemment. Mais ce n'est que par l'étude souterrain par souterrain qu'il est possible d'aller plus loin dans les explications et les théories sur ce sujet.

 

Trouver des souterrains à Bourges

 

 

Les caves et les souterrains de Bourges, sont dans toute la ville, aussi bien sous des maisons particulières que sous des hôtels importants comme celui des frères Lallemant.

A titre d'exemple, on en trouve :

sous l'immeuble des Etablissements Aubrun. Ce sont des galeries maçonnées qui permettent d'aller sous la rue et sur plusieurs dizaines de mètres, c'est une promenade curieuse, avec des conduits bouchés ou parfois des pièces qui devaient servir à entreposer des marchandises…. Ou des trésors selon votre imagination. 

Sous la rue Coursarlon ou celle de la Monnaie, plusieurs souterrains situés à une profondeur de 8 à 12 mètres ont été répertoriés en 1939, par les services municipaux afin de faire l'inventaire des lieux de protections contre les attaques aériennes.

sous la rue Porte Jaune, rue Bourbonnoux ou rue Joyeuse, se trouvent une imbrication de galeries, les plus extraordinaires qui puissent être vues à Bourges.

sous le Palais Jacques Cœur, les seuls qui se visitent, c'est une descente dans les caves du Palais, vastes et belles, puis, un étage plus bas, vers des galeries souterraines sur plusieurs dizaines de mètres.

Et bien entendu sous la place de la cathédrale, les plus beaux, ils ont pris le nom de saint Guillaume. Ces galeries sont d'une architecture rare datant de l'époque de la construction de la cathédrale, on pourrait s'y promener en costume cravate.

Ces galeries sont nombreuses et il est possible de penser qu'elles étaient reliées les unes aux autres, ce qui permettait d'aller ainsi, sous terre, dans tous les secteurs de la ville. Il s'agit d'une théorie qui n'a pas été démontrée à ce jour. S'agissait-il d'un réseau à l'intérieur de la ville reliant les différents quartiers de la ville ? Nul ne peut encore l'affirmer. Il existe de nombreux puits d'aération ce qui prouve la qualité de ces lieux pour stocker des marchandises de valeur ou pour accueillir des hommes….

La sécurité dans les carrières et souterrains est un point fondamental, cela explique que le public ne puisse y accéder. A Bourges intra-muros, il ne semble pas qu'il y ait eu d'effondrements importants. Les seules traces visibles encore aujourd'hui concernent les carrières de la route de Dun. D'importants effondrements sont visibles et dangereux.

Conclusion provisoire :

 J'ai répertorié plus de 30 souterrains dans Bourges, et hormis dans certains lieux, il n'existe pas de trace d'un réseau organisé, même s'ils sont tous situés à une même profondeur. C'est un monde merveilleux et envoûtant par le mystère et la qualité des constructions de ces galeries.

Souhaitons qu'un jour, certains de ces édifices puissent s'ouvrir au public.

 

Avis de recherche

Si des Berruyers pouvaient m'ouvrir leurs caves, ou leur galeries, me communiquer des plans, des archives ou des photographies de ces lieux, je leur en serait reconnaissant.

Merci d'avance.

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