les Marais de Bourges et l'Yevre par Roland Narboux


Roland Narboux Un article sur les MARAIS DE BOURGES, appelés Marais de l'Yèvre et de la Voiselle.sur ce site personnel avec les livres publiés par Roland Narboux, les sites internet, les blogs, les conférences et des sujets sur les Alchimistes à Bourges, les souterrains de Bourges, Jacques Coeur et Agnès Sorel... etc

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SOMMAIRE DU SITE

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PRESENTATION

Roland Narboux est berruyer d'adoption, il a fait toute sa carrière professionnelle à l'Aérospatiale de Bourges (32 ans) .

Il s'occupe dès 1989 d'écriture (La Bouinotte) et donne des conférences à l'Université Populaire. Il a écrit une dizaine d'ouvrages sur Bourges et le Cher les derniers étant consacrés à l'Histoire de Bourges au XXe siècle en trois volumes et aux souterrains de la cité de Jacques Coeur .

AUTEUR DE LIVRE
LES LIVRES DE ROLAND NARBOUX
LES SITES GERES Par Roland Narboux
http://jacques-coeur. bourges.net/
http://encyclopedie.bourges.net
www.la-bouinotte.org
En coopération :
www.bourges-info.com

Blogs :
http://spaces.msn.com/members/
rolanddebourges/

Les Conférences
de Roland Narboux
Une douzaine de conférence par an, la dernière sur "l'influence d'Agnès Sorel sur la politique de CharlesVII".
 

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ELU DE BOURGES
Maire Adjoint de Bourges depuis 1995 ayant en charge aujourd'hui :
le tourisme
l'urbanisme
l'écologie
le chauffage urbain

2006 VALLEE DE L'YEVRE ET MARAIS DE BOURGES de Roland Narboux

L'article ci-dessous est issu d'un chapitre de l'ouvrage publié par les éditions "La Bouinotte", intitulé AU FIL de l'YEVRE que chacun peut trouver dans les bonnes librairies de Bourges.

La présence de l'Yèvre à Bourges est essentiellement connue pour deux bonnes raisons. La première est très positive car c'est à partir de l'Yèvre que naissent les mythiques et magnifiques marais. Quant à la seconde raison, elle est plus négative, c'est la présence de crues et d'inondations qui sont généralement "mises sur les caprices" de la belle rivière.

 

En fait le réseau des rivières de Bourges est particulièrement complexe et dense. C'est la ville aux 7 rivières, à savoir :
- l'Yèvre bien entendu,
mais aussi
- la Voiselle, l'Yèvrette et le canal de dessèchement issus de l'Yèvre
- le Langis qui rejoint l'Yèvre après un passage dans les marais
- le Moulon, oh combien capricieux
- l'Auron qui est un fleuve important à lui tout seul.
Il faudrait ajouter, dans une moindre mesure, le Faux Palouet et la Rampenne.
C'est donc un réseau hydraulique de première grandeur qui fait de Bourges une cité entourée de tous les côtés ou presque par l'eau.

Bourges-sur-Yèvre ? :

Il apparaît aujourd'hui que la cité de Bourges fut, dans les temps anciens appelés "protohistoriques" une des plus vastes ville du monde Celte. Le Ve siècle avant JC est sans aucun doute le vrai âge d'or de la cité, une emprise urbaine beaucoup plus étendue que l'agglomération actuelle et les riches demeures princières semblent avoir été nombreuses. N'a-t-on pas retrouvé dans des nécropoles de cette période, de magnifiques bijoux, dont une broche représentant un bélier…….. symbole de la ville depuis des lustres.

Bourges s'est implanté très largement dans une zone comprenant une butte, c'est la ville ancienne, c'est à dire un "oppidum" situé entre la Cathédrale et la place Cujas. Elle comprend aussi quelques plateaux, comme à Port-Sec, à la limite de Bourges et de Saint-Germain-du-Puy. Mais la ville est surtout enserrée par des rivières et des marais.
C'est bien l'Yèvre qui a donné le "la" de l'implantation des Celtes. Pour nos lointains ancêtres, il fallait trouver un secteur dans lequel il était aisé de se protéger, mais aussi de commercer, et les rivières comme l'Yèvre dans ces temps lointains devaient être navigables à certaines périodes de l'année, avec les normes de navigabilité d'alors, sans doute succinctes. N'a-t-on pas retrouvé un port à la sortie sud de Bourges sur l'Auron juste avant qu'il ne se jette dans l'Yèvre ?
Par la suite, la cité Celte connaîtra quelques vicissitudes, connue sous le nom d'Avarich puis d'Avaricum elle sera une des plus belles cités de la Gaule.
Dans la Guerre des Gaules, César écrit lorsqu'il arrive devant la cité qui lui résiste et qu'il va détruire : "Il leur sera facile vue sa position de défendre la cité, car presque de tout côtés elle est entourée par l'eau courante et le marais et n'offre qu'un accès qui est d'une extrême étroitesse".

La vie de Bourges sera toujours ponctuée par l'évolution de l'Yèvre et de ses affluents, le Langis, le Moulon et l'Auron. Lorsque la seconde grande période de Bourges commence à la fin du XIV e siècle, elle dure deux siècles, avec les " Très Riches Heures de Bourges", le commerce et l'artisanat s'implantent le long de l'Yévrette, en plein Centre-Ville actuel. C'est le domaine des drapiers, des tanneurs et autres fouliers. Le père de Jacques Cœur vient à Bourges en provenance de Saint-Pourçain comme marchand pelletier et s'installe rue de Parrerie en bordure de l'Yèvrette.

 

Les marais de l'Yèvre et de la Voiselle à Bourges

L'arrivée à Bourges, au pied de la Cathédrale, dans les quartiers de Pignoux; Charlet et Edouard Vaillant, de tant de rivières, l'Yèvre, l'Yèvrette, la Voiselle et le Langis forment désormais un ensemble de Marais qui font la fierté de Bourges. Les marécages insalubres d'autrefois sont devenus d'accueillants lieux de calme et de repos.

Sur 135 hectares, au pied de la cathédrale se situent donc les Marais de Bourges qui appartiennent à environ 1500 propriétaires. La plus grande parcelle fait 1,5 hectares et la plus petite 13 mètres carrés.
Cette vaste étendue marécageuse est citée par Jules César en 52 av JC, lorsqu'il voulut s'emparer d'Avarich. Plus tard, des communautés religieuses l'acquière, la ville possédant les communaux. C'est au XII e siècle que sont réalisés les premiers travaux importants avec la construction d'un "vrai lit" pour l'Yévrette et l'édification de moulins.
Ces marécages, en cette époque lointaine, ne sont pas des lieux de promenade, ce sont des zones incultes, nauséabondes et dangereuses. Seul avantage de ces marais : la pêche. Toutes les rivières sont très poissonneuses, et se nourrir alors, était la première préoccupation des berruyers.
Au XVIIe siècle les acquéreurs de marais sont obligés de les entretenir. Des parcelles sont constituées puis louées aux habitants du faubourg Saint-Privé.

C'est le début d'une exploitation locale et individuelle des marais avec les jardins auxquels on accédait en barques plates manœuvrées avec une "bourde" dans les "coulants". La bourde est une grande perche en bois. Le "bourdeur" debout sur son bateau pose une extrémité sur le fond de l'eau et pousse sur ses bras pour faire avancer son embarcation. Quant au "coulant", c'est un quadrillage d'eau, large d'un mètre à deux mètres maximum qui irrigue de manière calculée les nombreuses parcelles. Peu profonds, les "coulants" distribuent l'eau

Les produits des cultures, légumes et fleurs étaient mis dans de grands paniers appelés des "maniques". On cultivait aussi le chanvre dans les marais de Bourges..... pour en faire des cordages réputés.
A la révolution, les marais appartenant aux communautés religieuses sont vendus comme biens nationaux et souvent achetés par les locataires qui poursuivirent leurs tâches. A cette époque et jusqu'au milieu du XX e siècle, les marais sont exploités par des maraîchers professionnels. Ils disparaîtrons peu à peu, laissant la place aux jardins potagers familiaux. Et aux "marais loisirs".
Les marais "du bas", avec des chemins communaux ou privés sont accessibles à tous. Ce sont de merveilleuses promenades pédestres, le long de la Voiselle ou de l'Yévrette. Inversement les marais "d'en haut" ne sont accessibles qu'en barque et la rencontre de canards, de chardonnerets et autres pinsons est d'un charme incomparable.

Lieu mythique de Bourges, c'est un poumon vert en pleine ville. Les gens des marais sont amoureux de la nature, ils recherchent le calme et la tranquillité. C'est un jardin dans la ville, un héritage à préserver et un conservatoire des marais devrait voir le jour dans les années à venir. Le long des chemins, des cabanes sont construites dans les styles les plus variés, avec plus ou moins de bonheur, mais beaucoup de personnalité.

Dans les marais, on découvre une faune importante, avec bien entendu les oiseaux. Une quarantaine d'espèces, comme le martin-pêcheur, le grèbe castagneux qui n'est pas facile à observer, ou la poule d'eau plus commune et reconnaissable à son plumage sombre. Sa queue au-dessous blanc et sa nage en hochant la tête sont caractéristiques. Sur les bords de la Voiselle, des canards "colvert" s'envolent au moindre visiteur qui approche et croisent quelque héron cendré.
D'autres locataires des marais sont plus indésirables, quoique utiles, ce sont les rats musqués et les ragondins qui creusent dans des berges, lesquelles parfois s'écroulent sous les pas des jardiniers. Parmi les mammifères plus difficiles à observer, une mention particulière à la musaraigne aquatique qui nage dans les fossés et dont le pelage gris argenté est assez reconnaissable. Quant au campagnol amphibie, son pelage est épais, d'une joli brun, et il brille sous l'eau.
Le campagnol est assez peu farouche, on le voit aisément dans la journée.Pour les promeneurs et gastronomes, deux restaurants sont situés en plein cœur des marais, il est toutefois possible de les atteindre en automobile. Ils ont succédé aux Guinguettes de la "Belle Epoque". C'est le Caraqui Venise, que l'on atteint par la chaussée de Chappe, tandis que La Courcilière est à l'opposé, dans le prolongement de la rue de Babylone. C'est là que se trouve un véritable port de barques qui attendent leurs occupants afin d'aller dans les marais "d'en haut".

février 2006

  roland.narboux@wanadou.fr

18 juin : Les Marais de Bourges, encore et encore.
Eternel feuilleton que celui des Marais de Bourges, avec "les uns qui traînent les pieds et les autres qui sont de mauvaise foi". (dixit une maraîchère à la sortie de la réunion des maraîchers à l'ENSIB où ils étaient 60 pour 1100 maraîchers, la grande majorité ne se sentant pas concernée).
Depuis plus de 10 ans, à titre personnel ou comme élu, je me suis battu pour que vivent les Marais, pour les générations futures. Aujourd'hui, je le dis, c'est perdu. Dans 5, 10 où 20 ans, il ne restera plus d'eau dans les marais.
Chacun doit prendre ses responsabilités.
Un jour futur, on parlera des Marais à sec, comme est évoquée aujourd'hui la remise en eau du canal de Berry, la où il a été rebouché. On dit " mais qui sont ces gens qui ont comblé le canal ?" et on dira "mais qui sont des irresponsables qui ont refusé un système de gestion cohérent pour les Marais de Bourges"?
Si après deux ou trois étés non pluvieux, les marais sont à sec ou presque, il y aura une prise de conscience de la population, une actions avec défilés et pancartes ... et la Ville sera bien obligée de faire tous les travaux, sous une forme juridique plus ou moins approximative, surtout si l'on est à la veille d'élections politiques locales.
C'est ce qui s'est passé Digue de Voiselle, après les crues de 2001/2002, les riverains n'ayant pas les possibilités techniques de refaire la digue détruite, la ville a acheté la digue et fait pour plus d'1 million d'Euros des travaux, avec l'argent du contribuable Berruyer.
Cet exemple est-il extensible à l'ensemble des 1500 parcelles ? Non assurément non. Il faut que la raison l'emporte et que les maraîchers soient davantages responsables.
 

 

2006

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